NOGARO IL Y A CINQUANTE ANS : CONTRE VENT ET MAIRE

mardi 31 août 2010 par IMEC

Dans notre précédente rubrique nous vous avons présenté les deux personnes clé de la création du circuit de Nogaro. Aujourd’hui nous allons nous pencher sur le chemin semé d’embûches qui aboutit à la naissance du premier circuit permanent français. Comme déjà dit Robert Castagnon avait très vite compris qu’organiser une compétition de sport mécanique sur la voix publique serait de plus en plus difficile. Avec son compère et ami Paul Armagnac , ils planchent sur le projet dont la première étape sera de trouver un terrain adéquat pas trop éloigné de Nogaro. De ce côté-là pas de gros de problèmes majeurs, à côté de l’aérodrome se trouve une bande d’envol inutilisée. Après moultes palabres avec les membres de l’aéroclub, dont le président n’est autre que le père de Paul, Jean Armagnac, le choix du terrain est en bonne voie. Les plans du circuit sont réalisés avec l’aide de Paul qui suggère de prendre comme modèle celui de Sebring, qu’il connaît très bien pour y avoir gagné en 1956 et 59. Collaborent aussi à ce projet les ingénieurs des Ponts et Chaussées, Messieurs Baquerre, Jean Lousteau et bien sûr Jean Armagnac. L’avantage de ce tracé est d’ avoir une piste de quelques 1.700 mètres de long et sept mètres de large dans un espace disons restreint. Si les différents locataires des diverses parcelles appartenant à la mairie ne font pas trop d’obstructions, tout le monde trouvant un terrain d’entente, il va pas de même avec le propriétaire des lieux : la mairie. Mais voilà un coup de vent et encore moins un maire ne vont arrêter notre entêté de Gascon.

Le circuit lors des premiers travaux

Quand le chat n’est pas là les souris dansent !

La mairie bien sûr sollicitée depuis le lancement du projet, laisse traîner les choses en longueur. Le maire de l’époque Paul Frayret fait sienne la réponse venant d’une autre région : ‘’Peut-être ben que oui, peut-être ben que non !’’ Il faut dire qu’entre le 30 juillet 1958 et le mois de juin 1960 cinq projets sont présentés mais il y a toujours un truc qui cloche. En début de l’année 1960, Castagnon inscrit au calendrier l’inauguration du circuit en septembre, ainsi que le premier meeting automobile qui aura lieu en définitive le 3 octobre. Le ton monte un tant soit peu et, c’est par voix de presse que les échanges se font à fleurets mouchetés. En juin ne voyant rien venir de la part de l’édile local , notre aventurier des temps moderne envoie une lettre ouverte à la presse. Le maire lui répond aussi sec en utilisant le même canal. Maintenant le temps urge, plus que quelques semaines avant la grande première. Ce même mois, la chance est du côté de la souris, Robert Castagnon, le chat, Monsieur le Maire se rend à Paris pour quelques jours. C’ est bien connu quand le chat n’est pas là les souris dansent, sauf que ces souris s’appellent bulldozers, deux rentrent immédiatement en action pour tracer l’emprise du circuit. De retour de capitale, l’édile bon prince s’incline et signe tous les documents. Les relations tendues entre les deux hommes deviennent cordiales. Paul Frayret exploitant forestier, met à son tour les mains dans le cambouis en offrant de très nombreuses traverses de chemin de fer utiles à la réalisation du chantier. Le chantier présentent quelques difficultés comme la présence d’une nappe d’eau, nécessitant la mise en place de pieux en béton. Entreprises, mairie, Ponts et Chaussées mettent les bouchées doubles pour que tout soit terminé dans les délais impartis. Huit jours avant l’inauguration la piste de 1.752 mètres est terminée. C’est un petit tour de force qui a été accompli en quelques semaines. Le jour de l’inauguration tout est loin d’être terminé, des chronométreurs sur une charrette à foin, des bottes de pailles pour limiter l’espace spectateurs, mais l’essentiel est fait : le premier circuit permanent hexagonal vient de naître grâce à l’obstination d’un Gascon, Robert Castagnon. Quelques jours plus tard se déroule le premier Grand Prix de Nogaro remporté par le Tarn et Garonnais Bruno Basini sur Raineri. Ce week-end c’est une très longue histoire de cinquante ans qui sera fêtée avec la présence d’une dizaine de plateaux de voitures historiques de compétition. Sans aucun doute beaucoup d’entre elles, du temps de leurs jeunes années, ont déjà limé le bitume du circuit Paul Armagnac.

LES PRINCIPALES GRANDES DATES

  • 3 octobre 1960 : 1er Grand Prix de Nogaro
  • 1961 : Création de l’école de pilotage
  • 1968 : 1er épreuve le week-end Pascal (Aujourd’hui appelée Coupes de Pâques)
  • 1968 : Le circuit devient propriété du Conseil Général du Gers pour le franc symbolique
  • 1971 : Janvier, André Divies est élu président
  • 1972 : Allongement de la piste qui passe à 3120 mètres et 9 mètres de large, construction de la tour de contrôle et des stands.
  • 1980 : Nouvel allongement de la piste qui mesure désormais 3636 mètres pour 11 de large
  • 1991 : Création de la SEMPA (Société d’Economie Mixte Paul Armagnac)
  • 2002 : 50e anniversaire de l’Association Sportive Automobile Armagnac Bigorre
  • 2008 : Inauguration en juin lors du Grand Prix Camion des nouveaux stands et de la nouvelle tour de contrôle.
  • 2010 : 50e Grand Prix de Nogaro

B.L.S.

(N.D.L.R. : Pour ceux qui voudrait connaître la vie de Robert Castagnon, ce dernier avait écrit en 2003 un ouvrage (parmi tant d’autres) intitulé “ Un Gascon du 20e siècle’’ édité par Abacus Edition.