CD SPORT DOUBLEMENT VAINQUEUR A PAU

mardi 30 mai 2017 par IMEC

Le 76e Grand Prix de Pau a débuté dans une atmosphère particulière pour CD Sport : le staff technique venait tout juste d’achever la reconstruction complète d’une des deux Porsche, suite au crash intervenu à Brands Hatch deux semaines plus tôt. De plus, sans que cela n’ait aucun rapport, David Hallyday, vainqueur à Nogaro en compagnie de Morgan Moullin-Traffort, avait dû déclarer forfait en raison d’un léger souci au niveau d’une vertèbre. Remplacé au pied levé par Christophe Lapierre, le célèbre chanteur, en supporter N°1 de son équipe, n’a pas manqué de prendre des nouvelles après chaque séance… et les nouvelles furent bonnes, surtout pour Mike Parisy et Gilles Vannelet, classés 2e de la course dominicale et nouveaux leaders du championnat de France FFSA GT ! CD Sport conserve le leadership du classement Teams.

A l’image de ses dirigeants Claude Degrémont le Périgourdin et Laurent Cazenave le Palois, l’équipe CD Sport a ses ateliers du côté de Périgueux, tout en possédant des bureaux à Pau. Faute de circuit en Dordogne, elle évoluait donc à domicile dans la capitale du Béarn. Pour autant, il lui a fallu prendre ses marques car elle n’avait plus participé à cette épreuve atypique depuis une éternité…

Porsche Cayman N°30 : CD Sport pouvait compter sur un Palois pur et dur en la personne de Mike Parisy, qui détaille pour nous le parcours de la Porsche N°30 dans les rues de la cité du bon roi Henri IV : « Aux essais libres j’ai fait le 2e puis le 4e temps, nous étions donc optimistes mais hélas en qualification, nous avons rencontré un problème de boite de vitesses. Gilles a signé le 17e temps et moi le 8e or on sait que de telles positions sur la grille peuvent être très pénalisantes à Pau. La situation était frustrante car nous savions que la performance était là. » Pour l’anecdote, l’équipe a dû demander une escorte de la police nationale pour pouvoir sortir du paddock et réinitialiser le système électronique de la voiture ! Mais laissons Mike poursuivre : « en l’absence d’un camion de pièces détachées Porsche, notre mission lors de la course 1 du samedi soir était de ne surtout rien toucher ! Gilles a été prudent, il a maintenu notre position puis j’ai commencé une remontée assez grisante, c’était parfois un peu chaud mais il nous fallait tout de même scorer un maximum de points. » La 30 a franchi la ligne au 8e rang mais héritera de la 7e place sur tapis vert, le vainqueur ayant été exclu pour une irrégularité technique, qui a fait appel de cette décision.

Dimanche pour la course 2, la stratégie a consisté à laisser Mike rouler le plus longtemps possible. « Il fallait aussi économiser les pneus au début, pour enchaîner les tours très rapides au moment où les autres teams effectuaient leur changement de pilote. Ça a fonctionné, car Gilles est ressorti en 3e position. Puis nous avons profité de la sortie de route d’une Ginetta pour grimper d’une place au classement et d’une marche sur le podium ! C’est un peu inespéré mais notre ténacité a payé, nous sommes leaders du championnat de France. » Et Gilles Vannelet de compléter cette analyse : « On revient de loin mais c’est la magie de Pau et de la course. Tout peut arriver ! »

Porsche Cayman N°31 : Christophe Lapierre dirige le Centre Porsche de Montélimar et il a gagné quatre fois la Porsche Carrera Cup France en catégorie Gentlemen. Il connaît donc bien les productions de Stuttgart mais aussi le tracé de Pau. Il lui restait pourtant des choses à découvrir, à commencer par la Cayman GT4 « Kit Manthey Racing » qui fait les beaux jours du championnat de France FFSA GT « nouvelle formule ». Au bilan du week-end, on peut dire qu’il fut un remplaçant idéal pour David Hallyday.

Hélas, le résultat ne fut pas à la hauteur des espérances de cet inédit duo Moullin-Traffort, Lapierre, en raison de deux pénalités, une par course ! Pour avoir quitté trop tôt la pitlane après le changement de pilote, la Porsche N°31 a dû observer à chaque fois un stop and go de 3 secondes. Samedi, la cause a été identifiée, l’apparition d’un drapeau jaune en piste et sur le tableau de bord de la voiture a caché le décompte du temps. Il faudra en revanche étudier les données enregistrées pour découvrir les raisons de la deuxième pénalité, qui n’a toutefois pas empêché le Toulousain et le Montilien de marquer les 4 points de la 8e place. « C’est rageant, j’aurais bien aimé décrocher un ou deux podiums pour ma première expérience avec la Cayman » regrettait Christophe Lapierre.

En 1987, Claude Degrémont s’imposait à Pau au volant de sa Martini MK51 en chemin vers le titre de champion de France de Formule Renault. Il ne s’en est pas mal tiré non plus trente ans plus tard à la tête de son équipe sur le pitwall et dans le paddock palois. « Tout d’abord, je dois dire que je suis fier de mes mécaniciens qui ont mené à bien la reconstruction de la 31 dans les temps, ce sont de vrais guerriers ! Ce week-end, nous avons bien tiré notre épingle du jeu, il fallait être lucide vu nos places lors des départs, ne pas tenter le diable pour doubler, éviter les mauvais coups. L’expérience de l’équipe et de nos pilotes a fait que tout s’est bien déroulé, à l’exception de ces pénalités pour la 31. Dommage car il y avait moyen de mettre les deux équipages sur le podium dimanche. »

Ce sera peut-être pour la prochaine fois, sur un autre circuit français de légende, les 1er et 2 juillet à Dijon ! Sans oublier que ce week-end, les protos CD Sport seront de sortie au Paul Ricard pour les 6 Heures VdeV.

B.L.S. – communiqué @ photo Hervé Margolles et B.L.S.