AU PORTUGAL, CD SPORT FÊTE SES 20 ANS AVEC UN NOUVEAU TITRE

mercredi 11 novembre 2015 par IMEC

Pendant la dernière heure de course de la saison, l’atmosphère est tendue dans le stand de l’équipe CD Sport, basée à Périgeux. Thomas Accary, au volant de la Norma N°30, occupe la 4e place, juste derrière son adversaire direct pour le titre de champion du Challenge Proto V de V. Une position suffisante pour conserver quelques points d’avance et coiffer ainsi la couronne 2015, mais le moindre incident de parcours peut remettre en question le travail de toute une année. Finalement, rien ne vient entraver la marche en avant du pilote d’Annecy qui peut savourer ce succès avec Kévin Bole-Besançon, Jean-Ludovic Foubert, ses coéquipiers, et avec toute son équipe. Thomas Accary a déjà partagé, en compagnie de Sébastien Dhouailly, le premier titre décroché par le team dans cette discipline en 2012. Si les feux de l’actualité sont logiquement braqués sur la 30, n’oublions pas que l’équipage de la 33 a terminé dans le top 5 du championnat et que celui de la 32 est monté sur le podium de la catégorie Prestige au Portugal. Quant à la 31, elle a hélas dû renoncer sur accrochage dès la première heure de course.

Norma N°30 : Jean-Ludovic Foubert entame les 6 Heures d’Estoril par un relais dont il a le secret, préparant impeccablement le terrain pour ses coéquipiers. « Le team a été très fort sur le plan stratégique cette année, mais l’aspect humain a sans doute également compté dans notre réussite. »Kévin Bole-Besançon couvre le relais intermédiaire. « La piste d’Estoril est très abrasive. J’ai logiquement dû composer avec la dégradation des pneus, qui m’a rendu la vie difficile durant les 25 dernières minutes. J’attendais ce titre depuis quatre ans, alors je n’ai pas de mots… Disons que je suis aux anges ! » Thomas Accary a fort bien géré la dernière partie de la course pour assurer la conquête du Graal… « Je suis très content pour toute l’équipe qui a fait un super boulot, on a pu se contenter de dérouler en calquant notre course sur la concurrence. Merci à Claude Degrémont, Laurent Cazenave, tout le staff ainsi qu’ au constructeur Norma. »

Norma N°33 : Cet équipage rencontre des problèmes de vibrations dans les freins puis de coupures moteurs. Le Suisse Nicolas Maulini prend le départ avant de remonter dans la voiture dans la dernière heure. Il doit faire étalage de ses talents de technicien pour parvenir à franchir la ligne d’arrivée : « Le moteur s’est éteint à environ un quart d’heure du drapeau. Il a fallu que je rebranche la connectique du tableau de bord pour pouvoir repartir et sauver la 9e place. » Jacques Wolff n’a pas la partie facile non plus à Estoril mais il ne garde que le positif à l’heure du bilan : « Cette année, nous avons remporté deux victoires, c’est énorme ! » Marc-Antoine Dannielou ne peut cacher une pointe de déception. « Nous sommes arrivés en tête à Magny-Cours et nous terminons hors du podium. A partir de là, la place importe peu. C’est décevant sur le moment, mais il ne faut pas oublier les satisfactions, comme le fait d’avoir gagné la course dotée du plus gros coefficient ! »

Norma N°32 : Comme à Magny-Cours, elle est la pieux placée des quatre Norma périgourdines sur la grille. Erwan Julé effectu un premier relais qui illustre sa progression sur l’ensemble de la saison. « J’ai pris un bon départ puis j’ai temporisé car beaucoup de pilotes profitaient du jus de leurs gommes neuves, alors que je roulais en pneus usagés. J’ai ensuite haussé le ton et j’ai fini par prendre la tête. Je l’ai gardée jusqu’à la fin de mon relais. C’est super de finir la saison de cette façon. Je suis fier de ma progression, je pense avoir atteint un bon niveau. » Le plus jeune équipage du team accueille un nouveau rookie en la personne de Julien Falchero. Auteur d’un beau parcours en karting, en sprint comme en endurance, il a débuté en auto cette année dans le cadre du Challenge V de V Monoplaces. « Pour mes premiers tours de roue en sport-proto, je n’ai pu rouler qu’une demi-heure aux essais. J’ai donc poursuivi ma découverte de l’auto en course et cela n’a pas été évident avec le trafic. J’ai fini sur un bon rythme, cette première expérience est donc satisfaisante. » Comme à l’accoutumée, Inès Taittinger a bouclé un relais plein d’énergie. Le trio termine ces 6 Heures d’Estoril dans le top 10 et sur la troisième marche du podium Prestige, un équipages sans pilote Elite.

Norma N°31 : A Magny-Cours, elle avait abandonné sur accrochage au quart de la distance. Elle est allée encore moins loin à Estoril pour les mêmes raisons mais dans des circonstances bien différentes. Tout a pourtant bien commencé pour Sébastien Dhouailly, 22e sur la grille mais déjà dans le top 5 au huitième passage. « Après la première neutralisation, j’étais derrière Léo Roussel et nous nous disputions la 3e place. J’étais un peu mieux en vitesse de pointe et au 20e tour j’ai essayé de plonger à l’intérieur au bout de la ligne droite des stands, dans un trou de souris… Ce n’était pas une bonne idée. Je m’en excuse auprès de Léo et de mes coéquipiers Rémy Kirchdoerffer et Gérard Faure, qui n’ont pu prendre le volant. » Sébastien est un pilote très expérimenté qui n’est pas coutumier de ce genre d’écart et qui ne se cherche pas d’excuse, il saura donc tirer les leçons de cet épisode et revenir plus fort !

Mathieu Rozerot, ingénieur responsable des Norma 30 et 31, revient non sans émotion sur cette saison 2015 : « Sur le plan personnel, le titre décroché par Jean-Ludo, Kévin et Thomas représente sans doute mon plus beau succès. Mais je me souviendrai aussi des moments difficiles. Ainsi, à Barcelone, en essais privés, la 30 casse son moteur puis au Mugello elle connait un début d’incendie le samedi. Nous avons dû changer de châssis ! C’est mon collègue Arnaud Léal, avec quelques mécanos, qui est allé jusqu’à Lyon, tandis qu’une autre Norma prêtée par notre pilote Gérard Faure arrive de Limoges… Ils se sont échangés les remorques et la 30 a terminé P4 en Italie. Cela montre la solidarité au sein de l’équipe. »

Enfin, le team-manager Claude Degrémont apporte le mot de la fin, sans oublier de nous rappeler un autre moment « chaud ». Là aussi, la solidarité a joué à plein : « Au Paul Ricard, la 30 a brûlé pendant la course et nous n’avons pas pu sauver grand-chose. Heureusement, Christopher Lecarpentier, un ami pilote en courses de côtes, nous a prêté son auto pour finir la saison. Pour les 20 ans de CD Sport, nous gagnons ce titre, mais nous avons eu aussi nos déboires. A Estoril, la course a été très longue, avec beaucoup de pression sur les épaules du team et des pilotes. Mais au bout du compte, nous avons remporté trois des sept courses, avec deux équipages différents. Nous avons accueilli de nombreux jeunes pilotes, dont Erwan Julé, qui a longtemps mené la course, c’est aussi cela la vocation du team. » En ce 10 novembre, Claude fête lui aussi son anniversaire, alors « Happy Birthday » au team et à son team-manager !

B.L.S. - source Romane Didier @ photos Future Racing