LES HOMMES QUI MURMURAIENT AUX OREILLES DES CARBURATEURS

vendredi 10 février 2017 par IMEC

Des hommes murmurant aux oreilles des carburateurs ?

Depuis ce mercredi, les portes du salon de Rétromobile sont désormais ouvertes. Nous vous ferons pas l’injure de dire que les automobiles exposées ne sont pas de la première jeunesse, car celles qui ont moins de vingt ans, ne sont pas légion, voire même pas du tout, dans ce temple de la voiture ancienne.

Voici quelques jours je lisais entre autre que les autos ayant le label de ‘’Véhicules Historique’’ dépassaient le chiffre de 800.000 unités immatriculés avant 1985 soit deux pour cents des immatriculations à ce jour. Si ce chiffre n’est pas énorme en comparaison du nombre de voitures immatriculées fin 2016 (environ 38.650.000 - source Wikipédia) très nombreux ces véhicules sont presque toujours en état de marche, il faut bien que des personnes les bichonnent, pour pouvoir les utiliser ne serait ce que quelques heures de temps en temps.

Pour un carrossier formeur, refaire telle qu’elle une carrosserie est tout un art

Certains d’entre eux par leur rareté en sont de véritables oeuvres d’art, il faut les laisser entre les mains des experts pour leur restauration, pour d’autres ils ne sont pas aussi rares que cela, ne serait ce que par le volume de leur production antérieure, ces voitures aussi prennent de l’âge et seront dans pas mal de cas restaurées en grande partie par son propriétaire. Le problème est que les gens qui savent faire sont de moins en moins nombreux, les hommes qui en écoutant le bruit du moteur savait si le régime était trop élevé ou au contraire trop bas, s’il fallait rajouter un peu plus d’essence ou d’air ou pas, en jouant à l’aide du tournevis, un coup à droite un coup à gauche, ces hommes qui murmuraient aux oreilles des carburateurs, se font hélas très rares. Il faut dire qu’aujourd’hui grâce à l’ électronique la solution miracle s’ appelle ‘’VALISE’’. Surtout n’essayez pas de la brancher sur une 2 CV, 4 CV et consort, elle restera muette. Ce qui veut dire que si personne ne bouge ou plutôt créé des emplois dans la restauration de ces autos, motos ou camions, tout va se déliter, car le savoir faire aura tout simplement disparu. Aujourd’hui, des métiers disparaissent les uns après les autres et d’autres cessent faute d’une activité suffisante. Depuis la création des premiers véhicules, il fallait faire intervenir des menuisiers, des ébénistes, des forgerons, des bourreliers des selliers sur lesquels plus tard se sont greffés d’autres professionnels, comme des carrossiers, des carrossiers formeurs, des électriciens, et autres, car les autos deviennent plus sophistiquées. Aujourd’hui le marché de la restauration est plus ouvert que jamais, encore faut-il avoir des personnes aptes à s’y intéresser, à ouvrir des écoles spécialisées pour justement former des professionnels carrossiers, mécaniciens, peintres et ceux déjà cités, ce sont quelques milliers d’emplois qui sont à créer dans les années à venir.

Si le bois n’est plus que rarement utilisé, pendant des décennies il en a été différemment, les menuisiers et ébénistes avaient de quoi s’occuper. Ici cette voiture a été restaurée dans les règles de l’art

B.L.S.