PAU POURRAIT PERDRE SON EVENEMENT PHARE EN 2010 : LE GRAND PRIX SUR LA JANTE

jeudi 8 octobre 2009 par IMEC

Le 70e Grand Prix de Pau ne devrait pas avoir lieu en 2010. Confirmation devrait être donnée sous quinze jours.

Tous les pilotes le disent : « Tant que la ligne d’arrivée n’est pas franchie, la course n’est pas finie. »Autrement énoncé, cela donne : ‘’Tant que Martine Lignières-Cassou n’a rien déclaré, le Grand Prix 2010 n’est pas annulé.’’ « Vous le saurez sous une quinzaine de jours », répondait hier (mardi 8) une maire de Pau toujours aussi énigmatique sur le sujet. Elle a pourtant imposé son rythme de croisière et tient en haleine la Fédération Française du Sport Automobile (FFSA). Mi-septembre, Martine Lignières-Cassou a rencontré au cours d’un de ses mardis parisiens Nicolas Deschaux, le président de la FFSA. Il lui exposait ses impératifs, notamment le rendez-vous fixé aujourd’hui (mercredi 9) : en comité directeur, il devait faire valider le calendrier 2010. Mais suspendu aux lèvres de Martine qui n’a toujours pas livré sa réponse officielle, il n’entérinera le programme qu’aux alentours du 22 octobre. Soit dans une quinzaine de jours, quand Pau se sera déclaré. Déjà, le circuit de Nîmes-Lédenon s’est positionné sur la date sans doute laissée libre...

Du sondage au bilan carbone

Tout s’est pourtant déroulé comme souhaité Place Royale. La première étape consistait à dénoncer le harcèlement des organisateurs du WTCC (1) : ils exigeaient une réponse sur la reconduction du contrat début juin, au lendemain ou presque du dernier Grand Prix. Explication avancée par l’élue : connaître d’abord les résultats du sondage effectué par l’office de tourisme de Pau et la chambre de commerce et d’industrie.
Le 10 juillet, 30,3 % des Palois et habitants de l’agglo interrogés classaient le Grand Prix Auto au premier rang des manifestations de la ville. Loin devant le Carnaval, crédité de 12,2%.
Amoureux et passionnés de sport auto retrouvaient le sourire, voilé un mois auparavant pas les différentes supputations.
Une confiance en l’avenir confirmée sur la troisième étape. Le 14 août était communiqué le bilan carbone, commandité par la Ville de Pau, sur le Grand Prix. Il prouve que les courses ne représentent ‘’que 3% des rejets de carbone’’, constitué essentiellement par les quelque 30.000 spectateurs. Toutes les manifestations populaires sont ainsi placées sur un même plan, au premier rang desquels le Tour de France, le meeting aérien et le prochain CCI 4 étoiles.
Le 3 septembre, dans son interview de rentrée, Martine Lignières-Cassou insistait : « Le Grand Prix, c’est la manifestation la plus emblématique du patrimoine palois. » Avant ce développement qui en disait déjà long : « Aujourd’hui l’événement n’est plus ce qu’il était hier. Or, la collectivité y met 2 millions d’euros sur 2,7 millions. On se dit donc qu’il faut tout remettre à plat. »

Un Grand Prix plus populaire et moins cher en 2011 ?

A plat, la machine l’est et n’avance plus. Si en mairie, on s’active, les derniers contacts pris avec l’ASAC Basco-Béarnais n’ont rien donné. Un programme sportif est prêt, sans le financement ni le plan marketting et promotionnel adéquat. Alors...
L’idée défendue à la mairie serait d’accepter une pause pour mieux rugir en 2011 et proposer alors un Grand Prix mieux pensé, plus populaire et moins cher pour la collectivité. Les spécialistes doutent que Pau puisse se relever sans mal d’une année sabbatique.
Les quelque 150 bénévoles (plus du double en comptant les pilotes) se préparent à vivre une année prochaine bien calme. Les trois salariés de l’ASAC Basco-Béarnais, s’interrogent sur leur avenir.
Sous quinze jours, chacun saura si Pentecôte se vivra au son des moteurs à Pau ou des bandas à la féria de Vic-Fezensac.

(1) Depuis trois ans, le championnat du monde des voitures de tourisme effectuait sa seule manche française à Pau.

Jean-Marc Monbeig

  • Article publié le mercredi 8 Octobre dans la République des Pyrénées (Pyrénées Atlantique)