NOGARO FIA GT1 : UN PARI GAGNANT

dimanche 22 avril 2012 par IMEC

Ce week-end le circuit de Zanwort est le théâtre de la seconde manche du FIA GT 1. Les concurrents de ce nouveau championnat du monde, ont d’abord fait leurs gammes sur le circuit de Nogaro, lors des Coupes de Pâques. Des gammes qui ont laissé pas mal d’observateurs sur leur faim.

L’on peut les comprendre, mais beaucoup ne sont vraiment pas informé sur ce qu’est ce nouveau championnat. Revenons en arrière. Stéphane Ratel, monsieur SRO, a décidé l’année dernière avec l’aval de la FIA de créer un championnat réservé au GT3, ceci en pleine crise économique. Les règles du jeu sont les suivantes, 18 voitures minimum et neuf constructeurs de voitures de prestiges. Des pilotes et des équipes représentants le maximum de nationalités. Une fois ce cahier de charge établi, Ratel s’attèle à la tâche. Une tâche qui va s’avérer plutôt ardue. Pratiquement, il faut attendre la clôture des engagements, pour connaître les noms des trois dernières équipes qui complètent le plateau, avant l’épreuve gersoise. Dès le lancement de ce championnat Audi (team WRT), McLaren (Hexis Racing) ont montré un grand intérêt pour y participer pour les autres cela a été plus laborieux. Viendront ensuite Mercedes, BMW, Ferrari, puis Lamborghini mais le compte n’y est pas. A trois semaines du lancement de la saison, l’équipe de SRO réussit quand même son pari, Porsche, Aston Martin et Ford, seront également sur la grille de départ pour les Coupes de Pâques.

L’on pourrait qualifier cette première épreuve d’ un essai grandeur nature. Au début de la semaine pascale, beaucoup sont loin d’être au top, la balance des performances entre les différentes marques se font le lundi et le mardi. L’ancien pilote de F1, Jean-Marc Gounon s’attèle à cette tâche. Pour obtenir des performances équivalentes entre les différentes marques il faut jouer avec des brides de différents diamètre, du lest ou les hauteurs de caisses, mais aussi avec des arrêts plus ou moins longs dans les stands lors du changement de pilotes. Il apparaîtra par la suite que des progrès sont à faire dans ce domaine. En effet, comment expliquer que les Ferrari F458 d’AF Corse soient un peu à la ramasse, ce qui n’est pas dans l’habitude de cette équipe. Idem pour les BMW Z4 du Vita4one Racing team. Cette épreuve est également la première prise de contact entre certains équipes et pilotes, qui souvent découvrent leurs nouvelles montures, à l’exemple de Mike Parisy et le Mülhlner Motorsport. Son coéquipier Matt Halliday arrivera la veille de l’épreuve et doit également tout apprendre ; fonctionnement de la voiture, du team, découvrir le circuit, etc. Mike résume l’état des lieux à la fin du week-end « Ici, nous avons fait notre apprentissage, tout était à découvrir, les bonnes choses, mais aussi les mauvaises et les erreurs. Il faudra à l’avenir en tenir compte. Je pense que le top cinq est tout à fait jouable, même si nous n’avons pas d’ingénieur usine, comme nos concurrents. »

La mise en jambe continue sur la piste, les Audi R8 LMS du Belgian Audi Club Team sont au dessus du lot. Cette voiture engrange victoire sur victoire dans les très nombreux championnats ou elle est engagée. Comme déjà expliqué, l’équipe avait fait acte de candidature très tôt, d’ou un avantage sur les derniers arrivants. Pour Hexis Racing et les nouvelles McLaren MP4-12C, il semble que les choses soient plus compliquées, il est de même dans les autres championnats où cette GT est engagée. Des problèmes électriques récurrents, en particulier de démarreurs, n’ont pas simplifié la vie de l’équipe championne du monde en titre, menée de main de maître par Philippe Dumas. Une équipe qui a tout donné et même plus, pour des résultats qui sont en deçà du potentiel que laisse entrevoir cette belle bête de course. Pour l’usine de Woking, il y a du pain sur la planche pour en faire enfin une GT de pointe fiable. Le team espagnol Sunred qui engage les deux Ford, les choses ne sont pas simple non plus. Les voitures reçues très tardivement n’ont pas permis de revoir tout de fond en comble. Au final une seule sera disons apte à prendre la piste, la seconde restera clouée au fond du stand pour des problèmes moteur. Les Mercedes et les Lamborghini seront de sérieuses candidates à la victoire, le potentiel est là, et les équipes qui les engagent sont de redoutables compétitrices. Ceci dit deux petits mots sur le championnat d’Europe GT 3. Un petit plateau avec 12 voitures sur la grille de départ. Le team Saintéloc remporte la course 1 avec Sourd, Guilvert (Audi R8 LMS), dans la deux, la victoire reveient à une des Mercedes SLS AMG du Heico Gravity Charouz team de Buhk, Baumann. Il semble bien que ce championnat ne soit plus attratif. A titre d’exemple, à Monza le week-end suivant, le Blancpain Endurance Series comptait plus de cinquante engagés. Il s’agit d’un championnat où tout le monde se doit d’être, et pratiquement un championnat d’Europe bis, visitant l’Italie, la France, la Belgique, l’Angleterre etc., et qui pourrait à la longue faire disparaître le FIA European.

B.L.S.