ET SI INTERNET METTAIT EN DIFFICULTE LES EPREUVES SPORTIVES !

mercredi 11 janvier 2012 par IMEC

Le public, petit ou grand fait parti intégrante d’une épreuve sportive, à l’exemple de sa présence pendant les vérifications techniques lors du dernier rallye d’Orthez Béarn

Il arrive parfois qu’une conversation débouche sur un sujet peu banal. Explication, Jean-François Moulia, l’un des organisateur du rallye tout terrain Orthez Béarn, me passe un coup de bigo pour me souhaiter une bonne année. On discute de tout et de rien jusqu’à ce que Jean-François embraye sur un sujet d’actualité : Internet. Les achats en ligne, les réseaux sociaux, le formidable essor pris par cette révolution technologique, bref tout y passe. Et même les sports mécaniques, et blabla et blabla jusqu’à cela face tilt ! Voilà ce que dit Jean-François : Maintenant tu n’as plus besoin de te déplacer pour assister à une épreuve sportive. Depuis deux ou trois ans les résultats, spéciale par spéciale, sont mis en ligne au fur et à mesure que se déroule l’épreuve. Souvent, tu as des photos ou des vidéos, le lendemain et de plus en plus souvent le jour même. Des blogs qui donnent des infos instantanément, tu sais par exemple que tel pilote est arrêté à cause de la casse d’une transmission. Donc en restant chez toi au chaud, tu vas pouvoir suivre l’intégralité de l’ épreuve, comme si tu y étais. Tout cela est très bien, mais il y a le revers de la médaille.

Quel est ce revers de la médaille ? Il faut que tu saches, que les acteurs économiques ou institutionnels de notre région, apportent d’une manière ou d’une autre un tiers du budget de l’organisation de l’ épreuve. Le public, les pilotes, les équipes, participent un tant soit peu à la vie économique du secteur pendant le rallye. C’est en quelque sorte un retour sur investissement pour ceux qui nous aident. Supposes qu’ à l’avenir le public ne se déplace qu’en petit nombre, les commerçants qui comptent quand même un peu sur cette animation, vont voir leurs recettes diminuer. Que va-t-il se passer l’année suivante, quand tu vas aller les solliciter ? Au lieu de te donner 100 € tu n’en auras plus que la moitié, et l’année d’après peut-être plus rien. Conclusion : comment organiser une épreuve dont les coûts sont très inflationnistes s’il te manque un tiers du budget ?

Sur cette spéciale du Gers Armagnac les spectateurs juchés sur des boules de foin étaient entre quatre cent et cinq cents personnes dixit Michel Capin l’organisateur de l’épreuve

Je dois ajouter, que ce que dit Jean-François, avait déjà fait l’objet d’une discussion assez semblable, voici deux ans avec d’autres organisateurs. Mais personne n’avait voulu admettre que cette nouvelle manière de faire, risquait à terme de poser des problèmes à certains organisateurs. Elargissons le sujet aux pilotes et à leurs sponsors, quel sera l’intérêt de disputer une épreuve devant un public uniquement composé d’un petit nombre de passionnés ? Je me souviens d’une analyse faite par Laurent Fouquet, sur ce même rallye quelques années en arrière : Cette spéciale est magnifique, en plus la disputer devant un public aussi nombreux est très valorisant pour tous les pilotes et les organisateurs. C’est génial ! En fin d’année dernière, Stéphane Ratel, directeur de SRO, organisateur d’épreuves GT d’ audiences mondiale, lors d’une conférence de presse disait à peu près ceci ‘’Nous préférons revenir vers des circuits à dimension humaine comme Nogaro, plutôt que de disputer des épreuves sur des circuits prestigieux, mais où le nombre de 25.000 spectateurs paraît insignifiant tellement les infrastructures sont grandioses. Internet fera-t-il fuir le public ? Ce qui est sûr : les choses changent et il faut vivre avec son temps, mais le sport en général pourra - t - il se passer de spectateurs ? A méditer !

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B.L.S.