UN RETOUR SUR LE PODIUM POUR LE CD SPORT

vendredi 14 octobre 2016 par IMEC

Les néophytes s’en sont plutôt bien sortis

Après deux meetings éprouvants, l’équipe périgourdine CD Sport a retrouvé à Magny-Cours un rang plus conforme à son standing de championne en titre du Challenge Endurance Proto V de V. La Norma n°32 de Foubert, Maulini et Bole-Besançon s’est classée 2e et revient au 4e rang du championnat. Le trio Franco-Suisse n’est qu’à un point de la médaille de bronze qui constituera son objectif dans un mois à Estoril. Si la 30 fut trop retardée par une sortie de route pour jouer un rôle dans cette course, la 31 a réussi son meilleur résultat de l’année et le retour de la 33, aux mains de trois rookies, s’est soldé par une prestation solide et une arrivée aux portes du top 10.

Norma N°32 : Victorieux au Paul Ricard, cet équipage ajoute un troisième podium à son tableau de chasse 2016. « 40 secondes ont été perdues lors d’une neutralisation du fait des deux safety-cars qui ne tournaient pas à la même vitesse » notait l’ingénieur Arnaud Léal. « On retrouve la performance, les trois pilotes ont fait de très beaux relais et on concrétise avec une 2e place méritée. » Jean-Ludovic Foubert a pris le départ, Nicolas Maulini lui a succédé à bord de la n°32 et c’est Kévin Bole-Besançon qui a reçu le drapeau à damier. « Pendant les 60 premières minutes de mon relais, j’ai pu cravacher dans la nuit avec des pneus frais, c’était très agréable. Mais en fin de course, je me suis retrouvé à un tour de la tête avec une bonne avance sur nos poursuivants alors il était plus judicieux d’assurer le résultat. » indiquait le Charentais.

Norma N°31 : L’épopée nivernaise de cet équipage semblait bien mal engagée quand Rémy Kirchdoerffer est resté scotché dans la pitlane au moment de la procédure de mise en grille. « Dommage, c’était la première fois de l’année que j’étais chargé du départ. Le team a changé la batterie et je suis parti 34 secondes après les autres. Mon relais s’est passé sans autre souci mais au moment du changement de pilote avec Ludo et lors du refuelling, la voiture n’a pas voulu démarrer non plus. Le coupable était en fait le faisceau électrique, il nous a coûté six minutes. » Pour une fois, Ludovic Cochet ne pouvait compter sur son coach de frangin, l’ancien test-driver F1 Jonathan Cochet. De plus, il souffrait d’une brûlure à la main droite. Il s’est pourtant montré sous son meilleur jour, même de nuit ! « Je me suis régalé sur ce circuit où j’ai de bons repères. On a bien travaillé sur les réglages de l’auto avec Arnaud, elle était confortable à piloter et très constante malgré l’usure des pneus. »

Le Normand a effectué les deuxième et quatrième relais. Entre les deux, le Limougeaud Gérard Faure a tenu le bon cap.« Rouler de nuit, j’apprécie, mais je préfère quand même le jour. C’est comme la pluie, j’aime bien mais moins que le beau temps ! » Dommage de perdre six minutes et de louper le podium Prestige (équipages sans pilote gradé Elite) pour seulement 16 secondes ! Mais la 7e place au classement général est le meilleur résultat de la 31 depuis le début de la saison.

La N°31 obtient son meilleur résultat de la saison

Norma N°33 : Pour la première fois cette saison, CD Sport engageait une quatrième auto. L’équipage était composé à 100% de débutants dans la catégorie. Aux côtés du Francilien Laurent Dieudonné, on trouvait les Robin père et fils, Didier et Arnold, originaires de la Sarthe. Leur bagage préalable du sport auto sur circuit était très similaire : de la Mitjet 2 litres pour le premier nommé, de la Fun Cup pour tous les trois et quelques journées de tests avec CD Sport. Ils se sont bien sortis de leur première expérience dans le Challenge Endurance Proto V de V et ont terminé l’épreuve au 11e rang. « L’auto est saine, elle a de l’aéro, des chevaux et on est en confiance dans notre phase de progression » résumait Arnold Robin qui s’y connaît en chevaux puisqu’il a obtenu des titres internationaux en équitation. « Le départ a été périlleux, une voiture a braqué sur moi à Adelaïde, je l’ai touchée, elle est partie en travers et j’ai dû m’arrêter. Heureusement, pas de dégâts ! » Si Didier Robin a connu les grandes heures du Dakar dans les années 80, Laurent Dieudonné ne dispute que sa deuxième saison en sport auto. « En tant que troisième relayeur, je n’ai roulé que de nuit, c’est quelque chose ! J’ai crevé un pneu au freinage à Adelaïde, tout s’est bloqué, je voyais arriver le bac mais j’ai pu prendre l’échappatoire et rentrer au stand. Sinon, avec une telle voiture, le plaisir est maximum. Il n’est pas évident de trouver la limite quand on n’a pas l’habitude de l’appui aéro. Il faut prendre conscience que plus on va vite, plus elle est collée par terre ! Quand on arrive à passer fort, c’est agréable et même jouissif. »

Norma N°30 : Philippe Haezebrouck a effectué un bon début de course et pointait en 4e position au cap de la première heure, dans le même tour que le leader. Mais peu après, il est sorti dans le bac du virage du Château d’Eau, remplissant la voiture de graviers. Les mécanos ont eu beau mettre du cœur à l’ouvrage, l’indispensable nettoyage a fait perdre un temps considérable à l’auto. Par la suite, Sébastien Dhouailly puis Thomas Accary se sont donc contentés du bonheur simple que procure le pilotage pur, par une belle fin d’après-midi d’automne, dans le crépuscule et la nuit noire. Mais pour ressentir ce frisson inégalable, réservé à ceux qui luttent pour le podium ou la victoire, il leur faudra attendre une occasion plus favorable.

Claude Degrémont conclue : « Après ce que nous avons subi lors des deux dernières courses, ça fait du bien de retrouver le chemin du podium. L’excellente stratégie définie par Mathieu Rozérot nous a éloignés des avant-postes au début, mais nous savions que la 32 remonterait fort dans la deuxième partie de la course. De plus, nous réussissons d’excellents pitstops. Nous irons à Estoril pour finir la saison dans le Top 3 ! » L’épilogue aura lieu les 5 et 6 novembre près de Lisbonne.

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Le classement

B.L.S. - source R. Didier @ photos Maurice Camus