UN NOUVEAU MONDE POUR ADELINE PRUDENT

mardi 6 mai 2014 par IMEC

Venu du karting, Adeline Prudent aborde le sport automobile avec application et humilité. Premiers pas dans la discipline en RCZ Racing Cup, sur le circuit du Mans lors du premier meeting du GT Tour. Mais avant, elle revient sur les mois qui ont précédé cette grande première.

Quelle discipline choisir ? en karting, après la Iame International Final de Lyon, que j’ai terminé en 7e position, j’ai eu la chance de participer à deux journées de roulage en F4 et à une journée en RCZ Racing Cup grâce au soutien de la FIA et de la FFSA. Trois journées qui m’ont permis d’apprendre les bases et de découvrir un autre sport, un autre monde.
Le début de l’hiver a permis de mener une grande réflexion : karting ou passage à l’automobile ? Berline ou monoplace ? En France ou à l’étranger ? Trop jeune ou pas ? La décision n’a pas été facile à prendre. Avec mon entourage, nous avons décidé d’opter pour la formule phare de chez Peugeot. Pourquoi ? Le karting, je commençais en en avoir fait le tour. J’ai prouvé ma valeur. Aller plus haut (KZ en international) demande un investissement équivalent à l’automobile. De plus, les résultats sont très aléatoires à cause notamment de la « fougue » de certains pilotes. De plus, nous n’avons malheureusement pas grand-chose à vendre et bien peu de retombées. C’est dommage car le kart est un sport extraordinaire. La monoplace ? Malgré toutes les sensations de pilotage qu’elle procure, elle me semble inaccessible financièrement et surtout très aléatoire en terme de débouchés. La berline est un peu plus accessible, offre de beaux plateaux et surtout des débouchés en coupe de marque, GT ou encore endurance ou en Tourisme. Il n’y a qu’à voir ce que fait actuellement Hugo Valente en WTCC. Fidèle à notre philosophie du karting, aller là où il y a les meilleurs, nous avons opté pour la RCZ Racing Cup qui offre un plateau de 30 autos sur vitaminées avec une belle pléiade de pilotes dont certains ont deux fois… mon âge et surtout plus de 10 ans d’expérience. Ai-je fait une erreur ? Seul l’avenir le dira. En attendant, je vais travailler très dur pour réussir ce nouveau défi…

Un hiver studieux Soutenue par le Comité Régional Automobile de Midi-Pyrénées, cher à André Divies, et par l’Association Sportive d’Albi, présidée par Patrice Chaudoin, je bénéficie d’un entourage particulièrement important pour la suite avec comme base d’entraînement, la ville d’Albi. Je retrouve ainsi, les mêmes conditions qu’avec le club de karting de Lavelanet où Jean-Claude Sanchez et son équipe ont tout fait pour que je puisse m’épanouir en kart. J’en profite pour leur faire un petit coucou. Je pense très fort à eux et il me tarde de les retrouver en juillet, pour le Championnat de France Féminin. Coté équipe, j’ai intégré l’équipe Albigeoise du « GPA Racing », qui engage aussi une auto pour le Boss, David Pouget, un « monstre » d’expérience et de victoires en compétition. L’équipe est extraordinaire, passionnée et sympa. J’apprends beaucoup au contact de David qui n’est pas avare en conseils et astuces.

L’hiver a été consacré, d’abord, à l’école, je suis en seconde en Sport Etude, afin de ne rien laisser au hasard puis à l’entraînement physique, à la recherche des indispensables partenaires financiers et enfin au roulage. J’ai effectué trois journées d’essais à Albi et Nogaro avant le début de la saison. J’ai ainsi pu me familiariser avec mon nouveau bolide et acquérir un peu d’expérience malgré une météo particulièrement capricieuse. J’ai aussi eu la joie de goûter à mes premiers bacs à graviers, notamment à Albi. Trois jours, c’est peu, je sais, mais financièrement, je ne pouvais pas faire plus.

Pas facile ! Coté partenaires, j’ai passé l’hiver à envoyer des centaines de dossier, à contacter certaines personnes, à essayer de bâtir un projet cohérent et innovant. Les résultats sont, je l’avoue, en deçà de mes espérances. La conjoncture n’est pas facile et c’est désolant pour le sport, particulièrement pour le nôtre. Vous m’avez rejoint et je vous en remercie. Nous allons vivre de grand évènements, ensemble. Par contre, si vous avez parmi vos collaborateurs, fournisseurs, clients… des gens intéressés par un projet de communication innovant et original, par une gamine de presque 16 ans qui en veux, n’hésitez pas à leur donner mes coordonnées….

Le baptême du feu Je parle beaucoup et nous voilà, déjà, au premier meeting de la saison, au Mans, dans le cadre du GT Tour, ce qui se fait actuellement de mieux en France. Nous avons eu la chance de pouvoir rouler le jeudi. L’idéal pour connaître la piste et surtout rouler en peloton et me « jauger » par rapport aux autres. L’idéal, oui, dans des conditions de roulage identique, ce qui n’a pas été le cas tout au long du week-end. Piste sèche puis mouillée, humide, soleil, déluge… On n’a pas été gâté côté météo. Pas facile de progresser dans ces conditions quand on ne peut pas avoir de repère de freinage. J’ai beaucoup travaillé avec David Pouget au niveau télémétrie et vidéo. J’ai essayé d’emmagasiner un maximum d’astuces et de conseils. J’ai surtout retenu deux phrases : « Tant qu’il y a de la piste, il y a de l’espoir », pour les situations délicates et « Je fais du sport auto depuis plus de dix ans et j’apprends encore des trucs », ce qui me laisse une bonne marge de manœuvre. Que dire de plus au sujet de ce week-end ? Un tête à queue le vendredi, un léger accrochage dimanche matin (Impossible d’éviter un pilote parti en tête à queue devant moi, sous un déluge de fin du monde), deux courses, deux fois à l’arrivée en 18e et 21e position. 7,4s, puis 5,8s, 4,8s lors des premières qualifs, 4,1s lors de la première course, 3,1s lors de la deuxième course. L’écart par rapport au meilleur temps s’est réduit tout au long du week-end. C’est le point positif ! J’ai les départs à travailler ainsi que la phase de freinage. Je commence à y voir plus clair. J’apprends vite, paraît-il. J’ai aussi commencé à comprendre les pneus. Chez Michelin, ils ne sont pas avare en conseils, eux non plus.

Une extraterrestre ? Après avoir vu la mine déconfite de certains pilotes sur la pré grille, jeudi, qui me regardaient comme une extraterrestre, ce qui m’a fait le plus plaisir, c’est que certains sont venus me féliciter après la première course. « On pensait que tu étais venue en touriste, que tu allais prendre un tour et que tu serais limite dangereuse. En fait, tu es une vraie pilote. Tu as ta place sur la grille. Il va falloir qu’on te surveille d’ici quelques courses. »
Pour avoir de mes nouvelles, n’hésitez pas à consulter ma page Facebook. J’essaye de la faire « vivre » au quotidien et d’y mettre un maximum d’informations et photos. Le week-end dernier, les chiffres étaient impressionnants : 2500 visiteurs se sont connectés et 600 j’aime ont été marqué. Merci à tous pour votre soutien et vos encouragements !
Rendez-vous maintenant dans un mois, à Lédenon.

A. Prudent @ photos O. Cèbe